jeudi 26 février 2026

le “processus synodal”,

 




Je suis convaincu qu’un grand changement est en train de se produire dans l’Église catholique. Selon moi, ce processus a commencé sous le pape François et continue aujourd’hui sous le pape Léon XIV. Dans mon livre The Trojan Horse, j’explique que le pape François a utilisé son pontificat pour transformer profondément l’Église, en s’appuyant sur le Document final du Synode sur la synodalité publié le 26 octobre 2024.
Je vois dans ce document une stratégie en deux étapes : d’abord, modifier la structure hiérarchique traditionnelle de l’Église — celle voulue par le Christ, avec le pape, les évêques et les prêtres qui guident les fidèles — puis la remplacer par une forme de gouvernance plus « démocratique », comparable à une pyramide inversée. À mes yeux, cette inversion pourrait conduire à un bouleversement de l’ordre moral transmis par l’Écriture, la Tradition et la loi naturelle, jusqu’à accepter des comportements que l’Église a toujours jugés contraires à sa doctrine.
Le cardinal Gerhard Müller, qui a assisté aux deux sessions du Synode en 2023 et 2024, a déclaré :
« Ce nouveau format – le “processus synodal”, comme on l’appelle – a été utilisé comme un moyen de miner la structure hiérarchique-sacramentelle de l’Église et de la remplacer par une “pyramide inversée” de gouvernance. »
Dans une interview du 27 octobre 2023, il a aussi affirmé :
« En fin de compte, toutes ces soi-disant réflexions synodales visent à nous préparer à accepter l’homosexualité. »
Le cardinal Raymond Burke, de son côté, a déclaré :
« [La synodalité] n’a aucune histoire dans la doctrine de l’Église » ; c’est un terme « pour lequel il n’existe aucune définition raisonnable. La synodalité et son adjectif, synodal, sont devenus des slogans derrière lesquels une révolution est à l’œuvre pour changer radicalement la compréhension que l’Église a d’elle-même. »
Quand je lis le Document final, je comprends que la « nouvelle Église synodale » fonctionnerait avec la participation de tous, y compris des non-catholiques et même des non-chrétiens. On parle d’un chemin permanent de dialogue, d’écoute et de recherche commune, en affirmant que l’Esprit Saint guide ce processus. Mais je me pose une question simple : si les conclusions vont contre l’enseignement constant de l’Église, peut-on vraiment dire qu’elles viennent de l’Esprit Saint ?
Je constate aussi que, dans cette vision, l’autorité des évêques et des prêtres semble diminuée. Au lieu de guider clairement les fidèles, ils seraient appelés à « marcher avec eux » et à suivre le processus collectif.
Le 26 octobre 2025, le pape Léon XIV a déclaré dans une homélie :
« Nous sommes invités à contempler et à redécouvrir le mystère de l’Église »
et que l’Église
« n’est pas… simplement identifiée aux hiérarchies et aux structures. »
Il a également dit :
« En contemplant le mystère de la communion ecclésiale… nous pouvons aussi comprendre le sens des équipes synodales et des organes participatifs. Ils expriment ce qui se produit au sein de l’Église, où les relations ne répondent pas à la logique du pouvoir mais à celle de l’amour. »
Puis encore :
« La première [la “logique du pouvoir”] – pour rappeler l’avertissement constant du pape François – est une logique “mondaine”. … La règle suprême dans l’Église est l’amour. Personne n’est appelé à dominer ; tous sont appelés à servir. Personne ne doit imposer ses idées ; nous devons tous nous écouter les uns les autres. Personne n’est exclu ; nous sommes tous appelés à participer. Personne ne possède toute la vérité ; nous devons tous la chercher humblement et la chercher ensemble. »
Dès son élection, le 8 mai 2025, il avait affirmé :
« nous voulons être une Église synodale. »
Et le 26 juin 2025 :
« la synodalité est un style, une attitude qui nous aide à être Église, en favorisant des expériences authentiques de participation et de communion. »
J’entends ces paroles. Je comprends l’appel à l’amour, au service, à l’écoute. Mais je m’interroge : si personne ne doit « imposer ses idées » et si tout le monde doit participer aux décisions doctrinales, que devient l’autorité confiée aux évêques ? L’Église peut-elle fonctionner comme une démocratie où chacun donne son opinion sur la foi et la morale ?
Une grande Assemblée ecclésiale est prévue en 2028 pour poursuivre ce processus. Pour moi, la question est désormais claire : assistons-nous à un renouveau authentique de l’Église… ou à une transformation profonde de sa nature ?
Père Enoch (LifeSiteNews)

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